Vie de Saint Gengoux
Les origines et la véritable identité de notre saint Gengoux restent assez vagues — sa vie nous est parvenue par la légende, la tradition, et quelques rares documents.
Un saint aux origines vagues
Plusieurs homonymes portent le nom de Gangulfe : un comte Bangulfus cité près de Bèze en 665, ou encore un certain Gangulfe, seigneur de Langres, qui accueillit en 716 l’abbé Ceolfridus lors de son pèlerinage vers Rome. Les origines et la véritable identité de notre saint Gengoux restent, de fait, assez vagues.
Une éducation chrétienne et charitable
Ses illustres parents prirent soin de l’élever dans la religion chrétienne et l’étude des bonnes mœurs. Gengoux fuyait les jeux, les spectacles et la fréquentation des jeunes libertins. À la mort de ses parents, héritier d’un patrimoine opulent, il se consacra à l’aumône, sa porte toujours ouverte au pèlerin. Il fut aussi initié à l’escrime, à la chasse, et reçut une solide formation en histoire, géographie et musique.


Le miracle du chandelier
Gengoux servit fidèlement le roi Pépin le Bref comme homme de guerre. Une nuit, au campement, la chandelle éteinte dans la tente royale se ralluma seule à trois reprises. Pépin y vit un signe divin : une lumière que la corruption du monde ne pouvait atteindre. Impressionné, il libéra Gengoux de toute obligation militaire — qui continua néanmoins à porter les armes, mais pour de justes causes seulement.
Ganéa, et une source venue de Champagne
Devenu un beau parti, Gengoux épousa Ganéa, jeune noble aux apparences vertueuses qui se révéla vite déçue de leur vie : son époux partait chasser ou guerroyer de longs mois. Revenant d’une campagne militaire, Gengoux acheta cent pièces d’argent une source de Champagne — au grand amusement du propriétaire, certain de garder son eau. Rentré chez lui, Gengoux fit arracher un bâton qu’il avait planté : une source claire et limpide en jaillit aussitôt, tandis que celle de Champagne se tarissait pour toujours.


La peau qui se détache comme un gant
Pendant les longues absences de son mari, Ganéa céda à l’adultère. Refusant de la punir de mort, Gengoux la soumit au jugement de Dieu : il lui demanda de plonger son bras dans une fontaine, dont l’eau se mit aussitôt à bouillir. Sa peau se détacha comme un gant, prouvant sa culpabilité — mais Ganéa refusa tout repentir. Magnanime, Gengoux lui laissa ses terres et se retira, non loin de son château, entre pénitence et dévotion.
Une mort au service de la foi conjugale
Obsédé par la présence de Gengoux à proximité, l’amant de Ganéa s’introduisit une nuit dans sa demeure pour l’assassiner avec sa propre épée. Il échoua à lui trancher la tête, mais le blessa mortellement à la cuisse : Gengoux mourut le 11 mai 760. La légende ajoute que l’intendant coupable mourut lui aussi peu après, foudroyé en pleine liesse, et que Ganéa, ayant tourné en dérision les miracles opérés sur la tombe de son époux, en subit une punition honteuse chaque vendredi jusqu’à la fin de ses jours.
Patron des Sources et des Mal Mariés
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